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C’est que dans ces terres isolées de frontière agricole formant ce que l’on appelle l’arc du déboisement (arco do desmatamento), l’impunité règne en maître, tout particulièrement lorsque les victimes occupent le bas de l’échelle sociale. Au Brésil, la « justice de classes » est, peut-être plus qu’ailleurs, une réalité toujours vécue au quotidien par des centaines de milliers de travailleurs ruraux. Sur les 1722 assassinats de militants, perpétrés dans les campagnes depuis 1985, note ainsi la Commission pastorale de la terre (CPT), à peine 112 ont donné lieu à un jugement et seulement 31 commanditaires ont été condamnés sur 45 mises en examen. Une situation scandaleuse en soi et qui n’est pas près de s’améliorer. En témoignent les deux récents massacres et, surtout, le dernier rapport de la CPT qui montre, chiffres à l’appui, la forte recrudescence, depuis un peu plus d’un an, de toutes les formes de violence dans les campagnes brésiliennes.