Los Moxos

Tous les ans, les habitants du territoire Moxos affluent vers le petit village de San Ignacio de los Moxos situé au milieu de l’Amazonie bolivienne, pour célébrer Ichapekene Piesta, une fête syncrétique mélant catholicisme et coutumes indigènes. Durant trois jours et trois nuits, les hommes vont se défier, dompter le feu et monter la bête dans l’arène.
Le jour, des guerriers solaires arborant des plumages défilent en compagnie de prêtres, dans la chaleur poussiéreuse et ocres des ruelles. La nuit, tandis que les enfants tirent des feux d’artifice, les adultes coiffés d'un chapeau sur lesquels tournoient des vagues de feu se ruent dans la foule en hurlant.
Le lendemain matin, les plus faibles cuvent sur les bancs de la place centrale. Dans l’église, on replace le costume des vaillants qui titubent. Le dernier jour, les hommes encore debout ivres de fatigue et d’alcool, affrontent les taureaux dans l’arène construite pour l’occasion. Au milieu, au pied du crucifix, la poussière retombe l’homme qui ne bouge plus est tiré par les jambes pour être jeter sous les tribunes. La taureau a eu raison de lui.